Depuis l’arrestation d’Erick Nkuba Shebandu, alias Malembe, proche de Corneille Nangaa, chef de la coalition politique Alliance Fleuve Congo (AFC), par les services militaires spécialisés de la République démocratique du Congo, Marleine Kalala Mutoba, chef d’agence Western Union, une entreprise américaine du secteur des paiements, spécialisée dans les transferts d’argent internationaux pour les particuliers et les entreprises, vit dans une insécurité permanente.
Victime de menaces de mort récurrentes, Marleine Kalala Mutoba est recherchée activement par les services de sécurité pour présumé complicité avec les hommes de Corneille Nangaa, dans le transfert de plusieurs milliers de dollars, en sa qualité de chef d’agence Western Union.
En effet, après son enlèvement survenu du 10 au 17 avril, des éléments de la Garde républicaine affectés au service de cyberdéfense de la sous-direction de l’Office central de lutte contre la cybercriminalité liée aux technologies de l’information et de la communication, Marleine Kalala Mutoba ne cesse de recevoir, sur son téléphone portable, des messages anonymes le menaçant de mort.
À plusieurs reprises, ces individus lui ont envoyé des vidéos montrant les établissements scolaires fréquentés par ses enfants, accompagnées de menaces explicites visant l’ensemble de sa famille.
Comme si cela ne suffisait pas, ses bourreaux, loin de baisser les bras après leurs exactions, ont changé de modus operandi en instrumentalisant la justice. Dès lors, la cheffe d’agence Western Union a été la cible de plusieurs interpellations et arrestations arbitraires.
Dans un premier temps, cela l’a contraint à vivre dans la clandestinité, à changer de domicile avec sa famille et à réinscrire ses enfants dans un autre établissement scolaire. C’est dans cette logique qu’une invitation de la police nationale congolaise, datée du 14 mai 2024, lui a été adressée. Elle y était priée de se présenter, munie de ses pièces d’identité, au bureau du chef d’antenne renseignements généraux et services spéciaux, le 16 du même mois à 10h00, pour un dossier judiciaire sur sa présumé participation criminelle.



Marleine Kalala Mutoba déclinera l’invitation, estimant ne pas connaître sa participation à un mouvement criminel. Un peu plus d’un mois plus tard, elle apprendra par l’un de ses amis travaillant dans les services de renseignement qu’un avis de recherche avait été lancé contre lui, avec instruction de le localiser et de l’arrêter.
Pour se protéger, ainsi que sa famille, Marleine Kalala Mutoba choisira alors de vivre dans une clandestinité totale, allant jusqu’à cesser toute activité professionnelle.



