Depuis quelques jours, les utilisateurs des réseaux sociaux en République démocratique du Congo (RDC) rencontrent des difficultés pour accéder à certaines plateformes sociales, notamment TikTok et Twitter (devenu X). Les autorités congolaises ont décidé de restreindre l’accès à ces réseaux sociaux, invoquant des raisons de sécurité et de lutte contre la désinformation.

Dans un contexte de l’offensive sur Goma de l’armée rwandaise, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, avait multiplié ces derniers jours des menaces de censure des réseaux sociaux particulièrement tiktok. Il n’a cessé de reprocher à certains journalistes et internautes de faire l’apologie du terrorisme en diffusant les informations des rebelles du M23.
De son côté, le ministre de la Communication et Médias a lui souvent dénoncé la propagation du « poison rwandais « , notamment sur X, avec un millier de comptes robots destinés à la propagande et à la désinformation.

Cette mesure, largement critiquée, a été dénoncée ce vendredi par Bintou Keita, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC, lors de la 37e session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme à Genève.

Dans son intervention, Bintou Keita a qualifié cette suspension des réseaux sociaux de « grave atteinte au droit à l’information » et a appelé à sa levée immédiate.

« La suspension des réseaux sociaux tels que X et TikTok par les autorités congolaises est une atteinte grave au droit à l’information et doit être rapidement levée, conformément à la déclaration du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur du Congo », a-t-elle déclaré.

Elle a également alerté sur les dangers de la désinformation et de la mésinformation, qui se propagent plus facilement lorsque l’accès aux sources d’information est restreint.

Face à ces perturbations, certains ont recours à des réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner les restrictions. Mais les autorités ont également restreint l’accès à la plateforme Play Store où il est désormais difficile de télécharger VPN. La suite des événements dira si le gouvernement congolais cédera à ces pressions ou maintiendra sa décision malgré les critiques croissantes.

Cephas Kabamba