Le dernier rapport des experts de l’ONU lève le voile sur un déploiement discret mais crucial dans l’escalade militarisée en République démocratique du Congo. Près de 120 employés de la société militaire privée Agemira, majoritairement des techniciens spécialisés, opèrent désormais depuis Kinshasa et Kisangani. Leur mission : maintenir opérationnels les drones CH4 et les avions de combat des FARDC, pilier de la contre-offensive face à la rébellion M23, soutenue par Kigali.
L’information, confirmée par des sources onusiennes, intervient alors que 291 membres d’une autre société, Congo Protection, ont dû fuir vers des bases de la MONUSCO sous la menace des combattants M23. Évacués via le Rwanda vers la Roumanie, leur départ a marqué un tournant dans l’implication des contractors étrangers.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En coulisses, un contrat bien plus ambitieux se dessine. Erik Prince, l’ex-patron de Blackwater, aurait signé un accord sur cinq ans avec Kinshasa pour sécuriser les Kivus et l’lturi. Au programme : drones armés, « police minière » et exploitation controversée des ressources. Un scénario à haut risque, alors que la région reste une poudrière géopolitique.
Erik Prince est un ancien membre des SEAL, les forces spéciales de l’US Navy, connu pour avoir fondé la plus grande société militaire privée du monde, Academi (anciennement Blackwater Worldwide), en 1997. Il en est le PDG jusqu’en 2009 et siège à la présidence du conseil d’administration jusqu’à ce qu’Academi soit vendue à un groupe d’investisseurs en 2010. Prince vit actuellement aux Émirats arabes unis.
Cette révélation intervient alors que plusieurs centaines d’instructeurs roumains quittaient la RDC via le Rwanda fin janvier. Kigali les qualifiait de mercenaires tandis que Kinshasa défendait leur statut d’alliés. La coordination des évacuations montre-t-elle des mécanismes régionaux complexes ? Le rapport du groupe d’experts exige une surveillance accrue des activités des sociétés militaires privées en RDC. Leur présence massive transforme-t-elle la nature du conflit dans l’Est ? Les drones militaires Congo deviendront-ils l’arme décisive contre les rébellions ? Autant de questions cruciales pour l’avenir sécuritaire du pays.
CK



