Le célèbre artiste chanteur congolais Koffi Olomidé est dans le viseur des autorités médiatiques de la République Démocratique du Congo. Après ses déclarations lors de son passage à l’émission “Le Panier The Morning Show” sur la RTNC le 6 juillet dernier, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) l’a convoqué pour s’expliquer.

Dans une lettre adressée à l’artiste, le CSAC lui demande de se présenter ce vendredi 12 juillet à midi au secrétariat d’instruction dans la commune de la Gombe à Kinshasa. Le régulateur des médias lui reproche d’avoir tenu “des propos de dénigrement et de démobilisation des troupes des FARDC engagées au front” lors de son intervention.

Selon le CSAC, ces déclarations seraient en violation de l’article 62 alinéa 1er de la Loi organique n°11/001 du 10 janvier 2011 régissant le secteur des médias en RDC. La lettre souligne également que Koffi Olomidé aurait enfreint la Directive du CSAC relative aux émissions sur le déroulement des opérations militaires au front.

Le refus de l’artiste de présenter ses moyens de défense l’exposerait à de lourdes sanctions conformément à la loi, a prévenu Christian Bosembe, président du CSAC.

Lors de son passage à l’émission “Le Panier”, Koffi Olomidé avait déclaré : “Il n’y a pas de guerre. Nous sommes tapés. On nous gifle. On fait de nous ce qu’on veut. J’ai vu les camions de ces gens-là qui viennent tranquillement et personne pour les empêcher. J’ai vu que nos militaires vont à la guerre à moto. J’ai des larmes. Il n’y a pas de guerre. On nous traite comme des enfants.”

De son côté, la direction de la RTNC a pris des mesures disciplinaires à l’encontre de Jessy Kabasele, le présentateur de l’émission. Celui-ci a été suspendu préventivement de ses fonctions et la production ainsi que la diffusion de l’émission ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues dans l’Est de la RDC, où les forces armées congolaises luttent contre les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda et l’Ouganda. Le CSAC a jugé nécessaire de prendre des mesures strictes pour garantir la responsabilité des médias dans la couverture de ces événements sensibles.